Doolin’, le groupe d’irish folk, sera en concert à Réalmont à l’occasion de la fête de la bastide !

Ce groupe local, né en 2005, a désormais une notoriété nationale et même internationale. Avec sa musique inspirée de la musique irlandaise, il a su se faire un nom outre-Atlantique. Découvrez ou redécouvrez la success story de Doolin’ via cet entretien avec Wilfried Besse, l’un des membres fondateurs.

Comment est né Doolin’ ?

Le groupe est né en 2005. Cela fait donc 17 ans. Tout a démarré avec la rencontre de deux fratries, deux familles. D’un côté, il y a mon grand frère Nicolas (Besse), mon cousin « Sébas » (pour Sébastien Saunié) et moi qui avons un groupe qui s’appelle les Gartloney Rats. Un jour, on cherchait un violoniste pour aller faire le festival interceltique de Lorient et on est tombé sur un jeune violoniste qui s’appelle Guilhem Cavaillé. Il nous a immédiatement semblé super avec une belle énergie, un gros talent. Au culot, on lui a proposé de nous accompagner au festival. On fait 3 morceaux ensemble et il a accepté notre proposition. Puis, quelques temps après, ce violoniste nous a présenté 2 frangins de Castanet-Tolosan. Jacob (Fournel) et Jocelyn (Fournel) qui sont respectivement à la flûte irlandaise et à la percussion. Guilhem nous disait qu’il fallait absolument qu’on les rencontre.  Et donc on a organisé une petite session musique au Dubliners, un pub de Toulouse. Ça a vraiment bien marché et donc on s’est dit qu’il y avait de quoi faire un groupe. Voilà comment Doolin’ a vu le jour.

Comment vous êtes-vous tournés vers la musique irlandaise / celtique ?

C’est une bonne question…que l’on me pose évidemment souvent. En fait, on n’a pas du tout de sang irlandais ni même breton dans les veines. Personnellement c’est une musique qui me parle depuis longtemps mais, dans le groupe, on est venu à cette musique par des biais différents. Par exemple, mon frère mon cousin et moi, c’est avec U2, The Pogues, The Waterboys, des groupes connus  de ce genre qu’on s’est pris de passion pour ces sonorités… Alors que les autres venaient plutôt par le côté traditionnel de la musique irlandaise en réalité. Ils avaient d’ailleurs fait des stages en Irlande étant plus jeune. C’est vraiment une musique qui me parle, je la trouve très complète. Il y a ,à la fois, des choses très sensibles et très festives dedans.

Quelle est la répartition de vos rôles dans le groupe ?

Mon grand frère (Nicolas) joue de la guitare. Il compose aussi beaucoup. Mon cousin « Sébas » joue de la basse. Il s’occupe de la logistique du groupe, des hôtels, des transports etc. Jacob est à la flûte irlandaise. Josselin, le percussionniste, gère pas mal la trésorerie. Moi, par exemple, je m’occupe pas mal de tout ce qui est réseaux sociaux, la communication. Je suis le chanteur et je joue de l’accordéon et du piano. Voilà un peu comment on s’organise. On s’occupe un petit peu tous de plein de choses en fait. On est resté volontairement dans un modèle d’artisanat quelque part. On est nombreux dans le groupe et c’est ce qui fait notre force. Chacun gère quelque chose qui lui va bien, qui lui ressemble.

Et vous êtes tous de la région…

Oui ! On est tous occitans dans le groupe. 3 tarnais de naissance véritablement : mon frère, mon cousin et moi. On est de Puylaurens exactement. Puis le percussionniste et le flûtiste sont de la Haute-Garonne tout comme le sonorisateur. On a un nouvel arrivant qui nous gère les retours depuis cette année, Christophe Blaison, qui est de Puylaurens aussi. Le violoniste originel, Guilhem, qui ne joue pas tout le temps avec nous, habite Gaillac. Et puis le tout nouveau, c’est un pianiste qui s’appelle Damien Daigneau qui est de Réalmont. C’est un ami. Sur le nouvel album, il y a pas mal de piano.

Vous revendiquez vos origines ?

On est très fier d’être d’où on est. Et pour faire un parallèle, on se rend compte qu’on a des valeurs assez communes, dans le Sud de la France, avec les irlandais. Il y a vraiment cette notion de convivialité, de partage, de qualité de vie aussi… pour ça on est vraiment fier. On représente aussi un peu la campagne je dirais quoi. On est aussi fier de cette différence qui a pu nous jouer des tours dans le passé parce que les gens nous disaient « vous n’êtes pas irlandais ni breton, pourquoi vous jouez ça? ». Et puis finalement, les gens se sont habitués parce qu’on fait cette musique là différemment des autres et c’est là aussi où on s’est démarqué.

Le groupe a vécu beaucoup de choses depuis sa création…

Le groupe a vraiment grandi, vraiment évolué. On a déjà enregistré 4 albums studios. On a rencontré, pour notre dernier album, notre ingénieur du son actuel Arnaud Gineste. Il nous a beaucoup boosté et lancé plein de défis. Un jour on s’est dit qu’on adorerait allé jouer aux USA. Et puis, par le biais de notre éditeur, on est arrivé à être en contact avec un label américain dont les patrons sont des musiciens eux mêmes. Alors qu’ils avaient une opportunité de venir jouer en France, on leur a proposé de leur agrémenter un peu la tournée en leur trouvant quelques dates dans le coin et notamment une, en première partie de nous… Ce n’était pas innocent, c’était pour qu’ils nous voient jouer sur scène. Eh bien ils ont flashé ! Et là on a commencé à parler d’enregistrer un album chez eux à Nashville en espérant que l’album leur plaise et qu’ils nous signent sur leur label. À la base c’était juste pour partir enregistrer à Nashville qui est quand même une ville prestigieuse pour l’enregistrement studio. Et puis voilà, on s’est retrouvé là bas avec un super réalisateur qui s’appelle John Doyle, qui est un grand musiciens de musique irlandaise, lui même irlandais mais expatrié aux Etats-Unis depuis qu’il a 20 ans. On a enregistré l’album avec des supers musiciens, des gens qui ont joué avec un peu tout le monde. Le percussionniste avait joué avec Johnny Cash et Ray Charles ! C’est pour dire… Puis l’album a beaucoup plus au label qui nous a signé et qui nous a encouragé à revenir aux USA pour faire un petit peu notre trou.

C’est là qu’on a commencé à se montrer un peux aux USA, on a fait un premier événement : Le Folk Allianz International. Tous les groupes du monde entier viennent se montrer là. C’est un espèce de hall d’exposition pour groupes. Il y a des scènes partout, dans un immense hôtel, même dans des chambres parfois en acoustiques. Les musiciens sont là pour se faire repérer, les agents également, les labels sont là, les radios sont là… Et justement on a trouvé sur place un agent pour les Etats-Unis mais aussi un pour le Canada. Et c’est comme ça que l’aventure américaine a démarré. C’était en 2017. On s’ouvrait sur un nouveau continent. Auparavant, on avait déjà joué à divers endroits en Europe (Irlande, Belgique, Espagne, Angleterre etc.).

Qu’est-ce qui explique ce succès selon vous ?

Je crois qu’on s’autorise vraiment des choses en fait. On sait vraiment jouer sur la carte de la tradition parce qu’on l’a beaucoup travaillée. Je parle de la musique traditionnelle irlandaise pure mais on y adjoint plusieurs autres univers. On n’a pas peur d’y mettre du jazz, de la pop, du hip hop, on y met un peu tout ce qui nous fait vibrer. Doolin’ si vous demandez aux américains, c’est un peu le groupe funky pour eux. Quant aux irlandais, ils sont très fiers que des gens d’une autre contrée s’inspirent de leur culture. On amène une fougue, on se permet des choses que les irlandais ne peuvent pas ou ne veulent pas se permettre parce qu’il y a un côté traditionnel, d’un petit peu sacré pour eux. 

Et puis ce parcours aux USA, ça a développé le répertoire de notre groupe. On s’est tourné de plus en plus vers la folk, si bien qu’aujourd’hui on se définit plutôt comme un groupe de folk que comme un groupe de musique irlandaise pure.

On arrive à l’actualité du groupe… vous avez sorti récemment un nouveau single.

Effectivement, on a sorti un titre le 17 mars dernier pour la St Patrick. Il s’appelle « Circus Boy ». Il a reçu un joli accueil, de beaux commentaires… on est content ! On est sur un tournant un peu plus pop que ce qu’on faisait avant mais toujours avec, en toile de fond, cette musique irlandaise bien sûr.

Et si vous faites de la musique c’est principalement pour faire de la scène non ?

On est essentiellement des musiciens de scène. C’est complètement ça qui nous anime et évidemment ça nous a beaucoup manqué, comme à beaucoup de gens du milieu du spectacle, pendant les 2 ans de la crise covid. D’ailleurs, on croise les doigts pour que ça reprenne aussi bien qu’avant. En plus de jouer de la musique, on est là pour faire le spectacle sur scène. C’est aussi ce qui a fait notre différence. On y met vraiment une énergie assez rock dans ce qu’on transmet même si on ne joue pas du rock. Quoi que l’on joue, on retrouve cette énergie. Et vraiment, au fil des années, on a développé ce sens du spectacle. On fait de la scène depuis très longtemps. Moi j’ai commencé vers 15 ans. La scène c’est vraiment chez nous et on a envie de proposer à chaque fois un show, un spectacle, qui donne la banane aux gens tout simplement.

Et d’ailleurs ce concert à Réalmont va amorcer quelques dates…

Oui ! On va donc retrouver le public à Réalmont, le samedi 14 mai à 22h, place du foirail. On a hâte d’apporter notre touche à cette fête de la bastide. D’autres dates en Occitanie sont à prévoir dans les prochaines semaines. Le 4 juin, nous serons notamment au Festival Guitare En Save, à côté de la forêt de Bouconne (Haute-Garonne). D’autres dates dans le coin seront bientôt dévoilées mais il est encore trop tôt pour en parler. Et puis, on espère repartir sur les routes de France prochainement et même revenir vite aux Etats-Unis.

Doolin’ en concert à Réalmont, place du foirail, samedi 14 mai 2022 à 22h.
Réservations auprès de l’office de tourisme de Réalmont : 05.63.79.05.45 / accueil.tourisme@centretarn.fr ou sur Ticketmaster.fr. Il sera également possible d’acheter ses billets, le soir même, sur place. 20 euros tarif normal, 15 euros tarif réduit.

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